Et moi dans tout ça ?
- Coralie - Osmose

- 20 janv.
- 7 min de lecture
Faire de la place pour soi, en y mettant toutes les pièces du puzzle
Il arrive un moment où la question n’est plus “comment faire”, mais “où suis-je dans tout ça ?”

Les femmes traversent des phases, des cycles, des passages. Et, parfois, à peine l'équilibre trouvé, il est déjà à redéfinir.
Dans ce mouvement permanent, retrouver un point d’appui devient essentiel.
Maternité, études, vie de couple, amitié, engagement professionnel, créativité, soin aux autres, temps pour soi…La vie nous invite à habiter différentes parts de nous-mêmes.
Ces rôles ne sont ni des erreurs, ni des contraintes. Ils sont les pièces d’un puzzle qui, ensemble, composent une identité vivante, singulière, en mouvement.

Être maman peut être profondément épanouissant.
Être professionnelle engagée peut être juste.
Être amie, amante, femme, créative, indépendante, sensible… fait aussi partie de ce qui nous constitue.
Le déséquilibre apparaît lorsque l’une de ces pièces prend toute la place, au point de faire disparaître les autres du paysage.
Pas parce qu’on a fait un mauvais choix. Mais parce que certaines pièces sont plus légitimes que d’autres aux yeux de la société. La mère investie. La professionnelle stable. Celle qui assure.
Et bien souvent, les femmes font ce qu’elles ont appris à faire :
s’adapter, anticiper, soutenir, porter, harmoniser.
Pas par manque de caractère.
Pas par soumission.
Mais parce que l’adaptation est devenue une seconde nature, parfois au point d’occuper tout l’espace.
Alors on tient un rôle, puis un autre. On se spécialise dans ce qui est attendu, nécessaire, valorisé. Sans toujours se rendre compte que, peu à peu, le centre se déplace.
À force d’être surtout une seule chose, on peut finir par ne plus très bien se souvenir de la forme des autres pièces du puzzle. Et quand l’occasion se présente de les réactiver, on se sent parfois maladroite, voire étrangère à soi-même.
Quand tout est fait “comme il faut”… mais que quelque chose s’effondre à l’intérieur

Il y a des journées (et parfois des périodes entières) où, objectivement, tout est fait correctement.
Les responsabilités sont assumées. Les valeurs sont respectées.
Les rôles sont tenus avec sérieux.
Et pourtant, une fatigue particulière s’installe. Pas seulement physique. Mais cette fatigue plus sourde, plus intime, d’avoir été entièrement au service, sans jamais vraiment se retrouver.
Une fatigue que le repos seul ne suffit pas à réparer.
Alors une question surgit, souvent à voix basse, parfois avec des larmes :
« Est-ce que c’est ça, maintenant ? Est-ce que prendre soin de tout signifie forcément disparaître un peu ? »
Ce n’est pas un rejet de la vie que l’on mène. C’est un appel à retrouver une place à l’intérieur même de cette vie.
Lorsque les femmes osent demander de l’aide, une prise de position plus investie de l’entourage, ou simplement une reconnaissance du poids porté, une réponse revient souvent, sous différentes formes :
« Tu l’as voulu. » « Tu savais à quoi t’attendre. » « Il faut apprendre à baisser tes attentes, tu seras plus heureuse. »
Ces phrases ne sont pas toujours dites avec dureté. Elles peuvent même être prononcées avec de bonnes intentions.
Et pourtant, elles portent une injonction silencieuse : celle d’assumer seule, sans trop questionner, sans trop déranger.
Cette injonction est violente, parce qu’elle confond deux choses très différentes : l’exigence rigide et la fidélité à ses valeurs profondes.
Ce qui est souvent perçu comme un excès d’exigence est en réalité autre chose.
Toutes les exigences ne sont pas négociables

Il y a des valeurs qui ne se négocient pas.
Pas parce que l’on veut être parfaite.
Pas parce que l’on refuse toute adaptation.
Mais parce qu’elles touchent à quelque chose de plus profond : l’intégrité, la santé, le respect du vivant, le sens que l’on donne à sa vie.
Pour certaines femmes, “faire moins bien” ne serait pas un simple ajustement. Ce serait une violence intérieure. Une trahison du socle.
Le problème n’est donc pas d’être “trop exigeante”.
Le problème est de devoir porter seule des exigences qui relèvent du collectif, dans un système qui valorise le résultat, mais invisibilise totalement le coût émotionnel, mental et énergétique.
Reconnaître cela ne signifie pas vouloir tout être, tout le temps. Cela permet plutôt de distinguer ce qui peut s’adapter… et ce qui, au contraire, heurte profondément notre être fondamental.
Et lorsque cette charge reste invisible trop longtemps, un autre glissement peut apparaître.
Ce moment où l’on doute de soi
Un jour, en partageant ce ressenti avec une amie, elle m’a répondu :
« Ça me rassure de t’entendre…
parce que j’ai l’impression d’être un échec dans tout. »
Et pourtant, rien dans sa vie ne justifiait ce verdict intérieur.
Ce sentiment d’échec n’est pas le signe d’un manque de valeur. Il est souvent le résultat d’une évaluation injuste, basée sur des critères impossibles :

être présente partout,
sans faillir,
sans se plaindre,
sans prendre trop de place,
sans se perdre (ce qui est, humainement, contradictoire).
À force de se mesurer à ces standards invisibles, beaucoup de femmes finissent par douter d’elles-mêmes, non pas parce qu’elles ne font pas assez, mais parce qu’elles ne peuvent pas tout faire sans s’effacer.
Ce doute persistant n’est pas une faiblesse. Il est souvent le signe qu’il manque quelque chose de plus fondamental.
Le vrai enjeu dans tout ça ? Retrouver son centre
Tout change, oui. Mais ce n’est pas le changement qui épuise.
Ce qui fatigue profondément, c’est de traverser les transitions sans centre clair.
Quand les valeurs fondamentales ne sont pas nommées, quand les piliers de l’estime de soi (l’amour de soi, la confiance en soi, l’affirmation de soi) sont fragilisés, chaque nouvelle étape demande plus d’énergie qu’elle ne devrait.
Les décisions deviennent plus lourdes. Les ajustements plus coûteux. Et l’on finit parfois par douter de soi, non pas parce que l’on est incapable, mais parce que l’on avance sans repères intérieurs stables.
Pourtant, le noyau de l’identité est souvent bien plus constant qu’on ne l’imagine.
Les contextes changent. Les rôles évoluent. Les priorités se déplacent.
Mais lorsqu’un centre est clair, lorsque l’on sait ce qui compte vraiment, ce que l’on est prête à ajuster et ce que l’on ne peut pas renier, les transitions cessent d’être des menaces.
Elles deviennent des mouvements à traverser, pas des preuves à fournir.
Encore faut-il avoir appris à se poser la bonne question.
A-t-on vraiment appris à se demander : “qui suis-je ?”
Beaucoup de femmes passent des années à faire un travail profond et nécessaire.
Elles déconstruisent des schémas.
Elles guérissent des blessures.
Elles apaisent des conditionnements.
Elles comprennent leur histoire.
Et c’est essentiel.
Mais il arrive que ce travail, aussi précieux soit-il, laisse de côté une question plus simple et parfois plus dérangeante :
Qui suis-je, au-delà de ce que j’ai dû devenir pour m’adapter ?

Non pas pour figer une identité. Non pas pour trouver une “vérité définitive”.
Mais pour poser un socle à partir duquel faire des choix plus justes, sans se renier, sans se suradapter, sans se perdre dans ce qui est attendu.
Cette question peut sembler abstraite. Elle ne l’est pas tant que ça.
L’image un outil puissant
Les vêtements, les couleurs, les matières, les formes, les accessoires, le maquillage (ou son absence), la coiffure... ne sont pas l’identité.
Mais ils peuvent devenir des outils de lecture, des supports concrets pour explorer ce qui se joue plus en profondeur.
Ils offrent un langage accessible, parfois plus simple que les mots, pour questionner :
Comment je me perçois aujourd’hui ?
Qu’est-ce qui me soutient vraiment ?
Qu’est-ce que je n’ai plus envie de porter, au sens propre comme au figuré ?
Explorer son identité par l’image, ce n’est pas éviter la profondeur. C’est parfois y accéder autrement.
Le corps sait souvent avant la tête. Et parfois, une couleur, une matière ou une coupe posent une question qu’aucune analyse mentale n’avait encore formulée.
L’image devient alors un outil de surface qui rend le chemin plus léger, sans jamais prétendre être le fond du travail.
À partir de là, il devient possible de rester en équilibre, même quand tout bouge.
Trouver l’équilibre dans le mouvement.
Trouver l’équilibre ne signifie pas tout faire tenir parfaitement en même temps.
Cela signifie plutôt rester en lien avec ce qui est essentiel pour soi, même lorsque certaines pièces du puzzle prennent momentanément plus de place que d’autres.
Il y a des périodes où un rôle demande plus d’énergie, plus de présence, plus d’engagement. Et c’est normal.

L’équilibre se joue alors moins dans une répartition idéale que dans la capacité à ne pas perdre son centre, à continuer de se reconnaître, à savoir ce qui nourrit, ce qui épuise, et ce que l’on ne peut pas durablement mettre de côté sans se perdre.
Cet équilibre est mouvant. Il se réajuste sans cesse. Il demande de l’écoute plus que du contrôle.
Et surtout, il n’exige pas de choisir entre soi et les autres, mais d’apprendre à rester présente à soi au cœur même de la vie que l’on mène.
Encore faut-il disposer d’outils simples pour rester en lien avec ce centre, au quotidien.
Je voulais transmettre un petit texte sur l’importance de ne pas perdre une pièce du puzzle…et me voilà à plus de 1600 mots.
Si tu es encore là, à lire ce texte, il y a de grandes chances que quelque chose dans ces mots résonne en toi.
Se recentrer sur son identité, clarifier ses valeurs fondamentales et prendre soin des piliers de l’estime de soi ne demandent pas toujours de grands bouleversements. Cela commence souvent par de petits ajustements conscients, bien accompagnés et répétés dans le quotidien.
À mes yeux, l’image est un outil simple et accessible pour soutenir ce chemin. Non pas pour transformer qui l’on est, mais pour mieux se reconnaître, se respecter et rester en lien avec son centre, même quand la vie est en mouvement.
🌿 Pour aller plus loin
Si cet article résonne, tu trouveras ici des réflexions et des outils légers pour explorer l’identité, l’estime de soi et l’image comme langage intérieur, sans pression, sans injonction, à ton rythme.






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