Nous ne sommes pas faits pour aller vite en hiver
- Coralie - Osmose

- 4 déc. 2025
- 4 min de lecture
Wow! Cela fait presque dix mois que je n’ai rien écrit ici.
Dix mois ! Autrement dit : dans la vie d’un blog, c’est un peu comme laisser une plante sans eau et revenir en disant : “oh, mais t’as pas survécu ?”.
J’aimerais vous dire que c’est parce que j’étais en retraite spirituelle, au sommet d’une montagne, à méditer sur le sens de la vie.
Mais non, la vérité est bien plus banale : j’étais… en hiver intérieur. Long, profond, involontaire, mais apparemment très instructif.
Et puis un jour, au milieu d’un imagier et d’un bouleau un peu fatigué, j’ai réalisé quelque chose d’important et je me suis dit qu’il était temps de revenir ici. Parce qu’à un moment, il faut bien sortir de l’hibernation, ne serait-ce que pour partager ce qu’on y a compris. 😉
On vit à une époque fascinante : on pourrait presque croire qu’on est devenu une espèce nouvelle, capable d’être performante, lumineuse et parfaitement organisée… 365 jours par an, sans jamais cligner des yeux.
Enfin… en théorie.
En pratique, on essaye de concilier un rythme de vie digne d’un marathon avec un corps qui, lui, est clairement conçu pour le rythme des saisons. Cette contradiction, on la retrouve encore plus chez les femmes : on leur promet l’égalité, mais on leur demande discrètement d’être en même temps douces, présentes, biocompatibles, performantes, et reposées. Une version “premium” de l’humain, sans supplément sympathie.
On a envie de ralentir. La société nous dit : “Ralentis, mais fais-le vite.” Et entre les deux, on est là, épuisé·es, avec le sentiment étrange d’avoir raté quelque chose alors qu’on est juste… humains.
Un matin pourtant, tout m’a semblé beaucoup plus simple.
L'histoire d'un arbre qui m’a donné une leçon de vie
J’étais avec ma fille, à regarder un imagier. Sur une page, un bouleau. Sublime! Feuilles fraîches, ambiance printemps, presque une pub pour un adoucissant naturel.
Alors je lui dis : “Tu vois cet arbre ? On l’a dans le jardin.”
On va à la fenêtre, et là… notre bouleau.
Disons que la version “réelle” ressemblait davantage à un arbre ayant vécu une rupture difficile : dénudé, fragile, branches un peu fatiguées. Une ambiance très “4 décembre”, très “je fais ce que je peux”.
Ma fille, du haut de ses deux ans, regarde l’imagier, puis l’arbre. Et, elle me lance un “bouleau ?” plein de perplexité.
Oui, ma chérie. Tous les bouleaux ne vivent pas leur meilleure vie en hiver.
Je lui explique donc le cycle de l'arbre : “C'est l’hiver. Le bouleau dort. Il se repose. Il n’a pas besoin de toutes ses feuilles. Et, au printemps… il reviendra avec des belles feuilles vertes.”
Et, c'est là que j’ai eu cette pensée : nous sommes exactement comme lui.
Nous sommes des arbres (avec des émotions en bonus)
On l’oublie, mais nous sommes des êtres cycliques. On fait partie du vivant, même si notre agenda essaie parfois de nous convaincre du contraire.

La nature fonctionne en étapes :
Hiver : on ralentit, on fait le minimum vital, on réfléchit.
Printemps : l’énergie remonte, on se remet en action.
Été : on avance, on récolte, on est dans le feu de l’action.
Automne : on trie, on ajuste, on remercie ce qui a servi et on lâche le reste.
C’est simple, évident, et pourtant, nous essayons d’être en été en permanence. Comme si on pouvait être inspiré, productif, organisé et disponible du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre.
Même les arbres ne se permettent pas un tel délire.
L’hiver : pas une faiblesse, un retour au centre
On fait souvent de l’hiver un problème : “Je suis moins motivé·e”, “Je suis plus fatigué·e”, “Je n’avance pas”, comme si c’était un bug, alors que c’est littéralement le mode d’emploi du vivant.
Ralentir, c’est normal.
Ressentir le besoin de se recentrer, c’est normal.
Avoir moins d’élan, c’est normal.
Ce n’est ni paresse, ni régression : c’est un rendez-vous avec soi.
L’hiver, ce n’est pas se cacher. C’est faire du tri intérieur. C’est la période où l’on prépare le “moi” du printemps, même si, de l’extérieur, on ressemble un peu à un arbre en PLS.
Quand on accepte cela, la pression chute d’un coup. On arrête de se juger. On se remet à écouter.
Revivre en saisons, c’est revenir à soi
Reprendre un rythme saisonnier dans sa vie, c’est revenir dans une logique
naturelle. Pas un retour en arrière, mais une forme de lucidité.

En hiver : on simplifie, on clarifie ses besoins, on observe.
Au printemps : on choisit une seule direction, claire et réaliste.
En été : on avance quand l’énergie est là.
En automne : on fait le point et on ajuste.
Aucun arbre ne garde toutes ses feuilles. Aucun être humain ne garde toute son énergie. On n’est pas censés tenir toute l’année avec un niveau d’intensité maximum. Même les superhéroïnes ont des scènes dans lesquelles elles reprennent leur souffle.
Revenir du côté du vivant
Nous ne sommes pas faits pour aller vite en hiver. Nous ne sommes pas faits pour ignorer nos fluctuations. Nous ne sommes pas faits pour être en été toute l’année.
Le jour où on accepte ça, on arrête de s’épuiser pour rentrer dans un moule qui n’a jamais été conçu pour nous.
On redevient vivant, curieux, aligné, et peut-être même un peu plus léger. (en période de fêtes, c'est pas de trop). 😉🎄
Parce qu’au fond, nous sommes comme ce bouleau de décembre : un peu dépouillés, oui, mais terriblement vrais. Et déjà en train de préparer notre prochain printemps.
Si vous aussi vous voulez utiliser cette période pour la réflexion/introspection, j'ai créé un petit outil inspiré des différents diagrammes de Venn de coaching ou encore Ikigai pour en faire un tout spécialement conçu pour cette période.
Il vous aide à visualiser les trois grandes sphères de vos vies : toi, ta vie professionnelle et ta vie familiale/relationnelle.
Au centre se trouve ton noyau identitaire : ce que vous ne voulez sacrifier, ce qui est essentiel, ce qui fait vos fondations.
L’idée n’est pas de remplir chaque zone parfaitement comme un devoir scolaire, mais d'observer : où est-ce que ça respire ? Où est-ce que ça tire ? Qu’est-ce qui a besoin d’être ajusté pour que votre prochain “printemps” soit plus clair ?
C’est un outil d’hiver : il sert à faire le point, doucement, honnêtement, sans pression.
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